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un revenu juste, des produits bons, une accessibilité facilitée

Le commerce équitable solidaire local en Suisse

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le commerce équitable solidaire local en Suisse

Qu'est-ce que le commerce équitable ?

Pour comprendre à quoi un commerce équitable (CE) local pourrait ressembler, il est important de bien comprendre la définition et les dynamiques internes du CE Nord-Sud. La Charte internationale du CE1, propose la définition suivante : le CE est « un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect visant à garantir une plus grande équité dans le commerce international. Il contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs et aux travailleurs marginalisés, particulièrement dans les pays en développement, tout en sécurisant leurs droits. »

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Le commerce équitable local ou commerce équitable "Nord", exemples européens

Qu’entend-on par « commerce équitable local » ou « commerce équitable Nord-Nord » ? Pour le savoir, nous avons opté pour nous pencher sur diverses initiatives lancées par les actrices et acteurs historiques du commerce équitable Nord-Sud, notamment les deux faîtières que sont la WFTO et Fairtrade International ainsi que quelques organismes dans trois pays européens, à savoir la France, l’Italie et la Belgique. Nous regarderons ensuite les points de convergences et de divergences des approches.

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1. L’approche des faitières

2. Exemple en France – Belgique – Italie

3. Les points en commun

4. Les débats qui restent ouverts

Autres notions & définitions

Agroécologie

L’agroécologie est à la fois une science, un ensemble de pratiques agricoles durables et un mouvement social luttant pour la souveraineté alimentaire. Ayant connu un grand essor au cours des dernières décennies, elle ne se borne pas aux champs et aux exploitations agricoles, mais s’étend à l’ensemble du système alimentaire, du champ à l’assiette, en passant par chaque maillon de la chaîne de production.

C’est aux personnes, et non à des entreprises ou aux États signataires d’accords commerciaux, que doit revenir le droit de choisir les méthodes de production, les terres à cultiver et les aliments à consommer. Si elle ne peut pas empêcher le réchauffement planétaire, l’agroécologie peut du moins montrer aux paysannes et paysans les moyens dont ils disposent pour s’adapter à ses effets.

Quatre dimensions en interaction

La dimension écologique de l’agroécologie est essentielle : la préservation de la fertilité des sols, la lutte contre l’érosion et la promotion de la biodiversité en sont les piliers. Par ailleurs, l’agroécologie remplace les pesticides et les engrais synthétiques extrêmement toxiques par des méthodes respectueuses de l’environnement et privilégie délibérément les semences locales afin de mieux se prémunir contre les variations du climat.

L’agroécologie a aussi une dimension sociale : elle valorise les savoirs traditionnels, essentiels à la pratique d’une agriculture équitable et souveraine. Elle attache également beaucoup d’importance aux groupes de solidarité et à la formation des femmes, indispensables au renforcement de la communauté. Les femmes jouent d’ailleurs un rôle central dans l’agriculture et l’alimentation : elles effectuent une grande partie des travaux des champs, conservent et multiplient les semences paysannes, préparent les repas et vendent les récoltes sur le marché.

La dimension économique de l’agroécologie, donnant la priorité aux produits régionaux et de saison, se traduit par un renforcement des circuits locaux : les aliments sont produits pour le marché local ; les semences ainsi que les engrais et les produits phytosanitaires écologiques sont également fabriqués sur place. L’approche agroécologique met délibérément l’accent sur des produits variés et pouvant être récoltés si possible toute l’année, afin que les familles puissent diversifier leurs sources de revenus.

Enfin, la dimension politique fait référence à la participation aux processus politiques des producteurs et productrices et des salarié·e·s des secteurs agricole et agroalimentaire, un droit inscrit en 2018 dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales qui leur permet de concrétiser la souveraineté alimentaire, le droit à l’alimentation et le contrôle de leurs terres et de leurs semences.

Changer de modèle

L’agriculture est à la fois une des premières causes du réchauffement climatique et l’une de ses principales victimes. Un changement de cap s’impose. Au lieu de verser des subventions directes et indirectes à l’agriculture industrielle, un mode de production aux antipodes de la durabilité, il serait plus sensé de réduire massivement le recours aux engrais chimiques et aux pesticides. Il est également urgent de passer à un modèle de petites exploitations agricoles diversifiées qui garantit l’accès à la terre, notamment pour les femmes dans les pays de l’hémisphère Sud.

Un changement de paradigme auquel œuvrent les organisations partenaires d’Action de Carême en Asie, en Afrique et en Amérique latine en s’engageant, tant sur le plan pratique que politique, pour la consolidation et la diffusion des approches agroécologiques. Concrètement, elles promeuvent l’accès aux ressources telles que la terre, les semences ou l’eau et exigent que la sécurité des personnes qui militent pour les droits des paysannes et paysans soit garantie.

Source : Christa Sutter, responsable du dossier Agroécologie à Action de Carême ;

https://actiondecareme.ch/une-science-doublee-dun-mouvement-social/ 

L'agriculture paysanne

L’agriculture paysanne représente la seule alternative viable au système agricole et alimentaire actuel, industrialisé, mécanisé et destructeur de l’environnement et des emplois, fondé sur la recherche de profits pour une poignée d’entreprises. L’agriculture paysanne prend en compte les dimensions sociale, économique et écologique de la production agricole.

Selon la Confédération Paysanne (l’équivalent d’Uniterre en France et également membre de La Via Campesina), l’agriculture paysanne s’articule autour de quatre points :

  • La souveraineté alimentaire, qui doit garantir à chaque pays de produire pour nourrir sa population avec des produits locaux et de qualité ;
  • La maitrise de la répartition, permettant aux paysan·nes, ici et dans les pays du Sud, de participer au développement local, avec une répartition juste et équitable des richesses ;
  • Le droit au revenu : chaque paysan·ne doit percevoir un revenu décent, issu de la vente de sa production. Les prix doivent prendre en compte les coûts de production ;
  • Le respect de l’environnement, qui doit permettre l’utilisation démocratique des ressources naturelles, en premier lieu l’eau, dans le but de garantir une planète vivante et vivable pour nous, mais également pour les générations à venir.

L’agriculture paysanne se base sur les 10 principes politiques suivants :

  • Répartition des volumes de production, permettant au plus grand nombre d’accéder au métier d’agriculteur·rice et d’en vivre décemment ;
  • Solidarité avec les paysan·nes des autres régions du monde ;
  • Respect de l’environnement, partant du principe « on n’hérite pas la terre de nos parents, on l’emprunte à nos enfants »
  • Valorisation des ressources abondantes et économie des ressources naturelles rares ;
  • Recherche de transparence dans les activités d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles ;
  • Bonne qualité gustative et sanitaire des produits ;
  • Augmentation de l’autonomie dans le fonctionnement des domaines agricoles ;
  • Partenariats avec d’autres acteurs du monde rural pour développer une économie local ;
  • Diversité des population animales élevées et des variétés végétales cultivées ;
  • Raisonnement à long terme et de manière globale.

Mais pour qu’une agriculture paysanne, diversifiée, résiliente et créatrice d’emplois dans des campagnes vivantes puisse se maintenir et se développer, il est essentiel d’envisager une politique qui la soutienne.

la souveraineté alimentaire

La souveraineté alimentaire est indissociable du droit à l’alimentation. Ce concept politique concret a été élaboré dès 1995 par La Via Campesina.

Ce mouvement paysan international en donne la définition suivante : « la souveraineté alimentaire est le DROIT des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée produite par des méthodes écologiquement rationnelles et durables, ainsi que leur droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Elle donne la priorité aux économies et aux marchés locaux et nationaux et renforce l’agriculture dirigée par les paysans et les agriculteurs familiaux, la pêche artisanale, le pâturage dirigé par les pasteurs et la production, la distribution et la consommation alimentaires basées sur la durabilité environnementale, sociale et économique. La souveraineté alimentaire implique par ailleurs de nouvelles relations sociales sans oppression ni inégalité entre les hommes et les femmes, les peuples, les groupes raciaux, les classes sociales et les générations. »1

La souveraineté alimentaire est donc une stratégie de résistance au néolibéralisme et au capitalisme de libre marché, destructeur de l’environnement et des personnes qui nourrissent véritablement le monde (70% de la nourriture mondiale est produite par la paysannerie). Il s’agit de démanteler le système agricole et alimentaire industriel actuel, qui ne produit pas de la nourriture mais des bénéfices énormes pour une poignées d’entreprises, en faisant disparaître celles et ceux qui nous nourrissent, avec le consentement complice des États.

La souveraineté alimentaire se base sur la coopération et est l’antithèse des politiques de spéculation internationale et des traités de libre-échange. Elle cherche plutôt à renforcer les marchés locaux, répondant aux besoins réels de la collectivité, au lieu de gonfler des intérêts privés. Il s’agit donc d’un espace politique pour développer des systèmes agricoles et alimentaires démocratiques, garantissant à la population un accès à une nourriture saine et locale et des revenus décents à la paysannerie, dans le but de garantir un avenir juste et durable.

D’après la déclaration de Nyéléni, adoptée en 2007 par La Via Campesina :

https://nyeleni.org/IMG/pdf/declarationfinalmars.pdf

l'économie sociale et solidaire

omie Sociale et Solidaire (ESS) regroupe une multitude d’initiatives économiques actives dans différents secteurs utiles à une société durable. Résultant d’initiatives citoyennes, on trouvera autant de définitions de l’ESS que de pays et de cultures. Quelques caractéristiques communes permettent néanmoins de définir ce secteur économique.

Il s’agit d’un secteur économique :

  • privé (indépendante de l’État)
  • à but non lucratif ou à lucrativité limitée
  • géré de façon démocratique
  • au service de l’intérêt collectif.

Les acteurs.trices qui le composent partagent une série de principes et de valeurs qui mettent l’humain et l’environnement au centre de leurs préoccupations et non pas la maximisation du profit.

L’ESS représente environ 10% de l’activité économique en France et en Suisse.

Plusieurs pays ont une loi sur l’ESS. Pour ne citer que quelques exemples de législations nationales qui en reconnaissent l’existence: la France, dès 2014, le Portugal en 2013, l’Espagne en 2011.

En Suisse, il n’y a pas de reconnaissance formelle de l’ESS. Par contre, des Chambres de l’ESS cantonales existent à Genève, Vaud et dans la région Jura-Neuchâtel-Jura-bernois. Au niveau fédéral, il y a SENS (https://sens-suisse.ch/fr/), une plateforme nationale qui représente les entreprises suisses dont l’action est axée sur l’impact.

Pour en savoir plus :